Portrait
8 octobre 2025

Édouard Kouassi : : l’Université de Montréal, un tremplin

Triple diplômé de l’Université de Montréal (UdeM), Édouard Kouassi a une carrière foisonnante et mène des travaux de recherche importants sur le cerveau et le système immunitaire. Pour le professeur à la Faculté de médecine, tout a commencé à son alma mater il y a près de 45 ans.

Le début d’une aventure

« Si j’ai choisi de continuer à étudier et de revenir travailler au Québec, c’est que mes premiers contacts m’avaient laissé un bon souvenir », raconte Édouard Kouassi. Né au Bénin, le jeune Édouard Kouassi était attiré par le domaine de la santé. « Je pourrais peut-être relier mes intérêts pour la pharmacie au travail de ma mère », précise-t-il. Celle-ci, comme plusieurs en Afrique, était vendeuse ambulante de médicaments en vente libre.

Après avoir obtenu son baccalauréat français au Bénin, il décide de faire des études en pharmacie grâce au soutien financier de l’Agence canadienne de développement international (ACDI). Il débute ses cours à l’Université de Montréal en 1975.

Dès son arrivée au Québec, Dr Kouassi se rappelle la grande ouverture et la curiosité de plusieurs professeurs, dont il admirait le travail : « La plupart de mes professeurs du programme du baccalauréat m’ont impressionné par la passion qu’ils et elles mettaient dans l’enseignement de leurs matières respectives », relate-t-il.

De la pharmacie à la pharmacologie

À la suite de son baccalauréat en pharmacie, Édouard Kouassi décide de poursuivre une maîtrise et un doctorat en pharmacologie à la Faculté de médecine. C’était un peu un retour à mes premiers amours », remarque Dr Kouassi, faisant référence à la fascination qu’il avait pour les médicaments que sa mère vendait.

Après un passage en France pour y faire un postdoctorat et un doctorat d’État en immunologie, il revient au Québec pour amorcer sa carrière universitaire de professeur. « Si j’ai choisi de continuer à étudier et de revenir travailler au Québec, c’est que mes premiers contacts m’avaient laissé un bon souvenir », raconte-t-il. D’abord professeur-chercheur adjoint au département de pharmacologie de l’UdeM,il sera ensuite rattaché au département de médecine en tant que professeur agrégé de clinique.

Des intérêts diversifiés

Le diplômé poursuit toujours sa carrière foisonnante. En parallèle à la recherche et à l’enseignement, celui-ci est retourné à la pratique dans les années 2000. Il est aujourd’hui pharmacien en établissement à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal).

Ses travaux de recherches s’intéressent aux liens entre le cerveau et le système immunitaire, et les implications pour les troubles mentaux et les maladies neurodégénératives et neuroinflammatoires (dépression majeure, bipolarité, schizophrénie). Il a ainsi créé un cours aux cycles supérieurs sur l’immunopharmacologie, soit les cibles, les mécanismes d’actions et les effets des médicaments sur le système immunitaire. Une des contributions les plus importantes de son laboratoire est probablement d’avoir montré le rôle de l’inflammation dans la schizophrénie.

Il s’intéresse par ailleurs aux effets de la sérotonine sur les globules rouges, et a même obtenu un brevet aux États-Unis en ce sens. Ce neurotransmetteur peut améliorer la survie des globules rouges, ce qui en ferait un élément intéressant pour les milieux nutritifs qui conservent les globules rouges en banque de sang.

Redonner à son tour

Dr Kouassi s’implique pour la promotion de l’équité, de la diversité et de l’inclusion (EDI) à l’UdeM afin de favoriser la représentativité des étudiants noirs en santé. « Je me suis rendu compte que dans plusieurs universités canadiennes, la communauté noire n’était pas bien représentée », relate celui qui s’implique dans ce mouvement en étant président de l’Association médicale des Noirs du Québec. Un comité de pairs lui a décerné le 1er février 2023 le Prix Reconnaissance du département de médecine et spécialités médicales de la Faculté de médecine de l’UdeM pour son engagement social.

En plus de cet engagement bénévole, Dr Kouassi fait partie du comité EDI de la Faculté de médecine. Pour celui qui ne voyait qu’une ou deux personnes noires par promotion lors de ses premiers pas à l’UdeM, cette question a une grande importance puisqu’elle est intimement rattachée à la santé de ces populations. « C’est important de tenir compte de la diversité et d’ajuster notre pratique », conclut-il.

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