Portrait
4 décembre 2025

David Morneau : l’authenticité au service de l’entreprise familiale

La transparence, le respect et le plaisir ont toujours été au cœur des valeurs portées par David Morneau. Celui qui copréside le Groupe Morneau a enrichi ses compétences avec un certificat en droit des affaires de la Faculté de l’éducation permanente à l’Université de Montréal (UdeM) en 2010 . Avec sa sœur, Catherine, il fait partie de la quatrième génération à reprendre les rênes de l’entreprise familiale en transport.

« L’amour du métier, j’ai ça dans les veines ! » s’exclame d’emblée David Morneau. Déjà, dans son village natal de Saint-Arsène, dans le Bas-Saint-Laurent, il effectuait la manutention sur les quais pour l’entreprise familiale. « C’était donc naturel de poursuivre ce défi et l’histoire de ma famille », dit-il.

Celui qui a joué de la guitare dans les bars durant sa jeunesse aurait pu décider d’aller étudier les médias au Cégep de Jonquière ou de peaufiner ses techniques musicales à celui de Drummondville. Ses parents lui ont d’ailleurs toujours laissé le choix de son avenir, mais leur appui a été crucial dans son développement professionnel.

David Morneau a également reçu le soutien de mentors au sein de l’entreprise familiale. « Dès mon adolescence, les employés me traînaient partout pour me former à plusieurs situations, raconte-t-il. Si ce n’était pas d’eux, je ne serais peut-être pas là où je suis aujourd’hui », concède-t-il.

Des compétences utiles durant toute sa carrière

Après deux certificats à l’Université du Québec à Montréal, David Morneau complète un certificat en droit des affaires de la Faculté de l’éducation permanente, qu’il considère comme « la plus belle année » de son parcours scolaire. « J’y ai connu beaucoup de monde et j’y ai tout le temps eu énormément de plaisir… et quelques trous de mémoire », raconte-t-il en riant. L’homme d’affaires se rappelle également de l’ambiance conviviale, de la qualité de l’encadrement et de l’accès aux ressources fournies par l’établissement. « La bibliothèque de la faculté de droit était un sanctuaire dans lequel j’étais bien », se souvient-il.

Parmi les figures marquantes de son parcours scolaire, David Morneau cite l’entrepreneur Robert Dutton. « Il m’a parlé de tous ses bons coups, mais aussi de toutes les erreurs qu’il avait commises dans sa carrière pour éviter que je fasse les mêmes, explique l’homme d’affaires. J’ai toujours senti chez lui le grand désir de soutenir la relève à poursuivre son développement, en le faisant d’une manière très authentique. »

Pour lui, tous les entrepreneurs devraient ajouter le droit à leur parcours académique. « L’utilité que j’en ai tirée dans ma vie professionnelle a été phénoménale. J’ai réalisé que c’était une chance d’avoir étudié ce domaine parce que ça m’a vraiment aidé, plaide-t-il. C’est primordial dans une organisation, plus qu’on le pense. »

Gérer dans l’authenticité

Au Groupe Morneau, David Morneau prône l’application des valeurs de l’entreprise, qui sont le respect, l’excellence, l’entraide et la responsabilisation. « L’organisation est de moins en moins pyramidale. On a mis sur pied une gestion en cercle », explique l’homme d’affaires.

Selon lui, le principal défi dans le repreneuriat d’une entreprise familiale reste la communication authentique et la création d’un sentiment de confiance. « Fréquemment, dans les familles, c’est très inconfortable de confronter le non-dit, les perceptions, les opinions et l’on va parfois camoufler certaines informations », observe-t-il. Ça amène des conflits dans la gestion de rôle, dans les personnalités, dans les convictions, dans les valeurs. Et c’est dommage, parce que, souvent, les gens ont de bonnes intentions au départ. »

Des pièges que sa sœur Catherine et lui ont évités en instaurant une communication transparente dès le début. « Entre elle et moi, l’ego est quasi nul. La connexion entre nous est phénoménale et les employés le voient à l’interne, illustre-t-il. Lorsqu’il y a un problème, on est inconfortables durant cinq minutes, mais on se relève, on se fait un câlin et on repart. »

David Morneau transmet également cette culture d’entreprise au reste de ses équipes. « Les réunions du comité de direction sont parfois épiques parce qu’on met le cœur sur la table, souligne-t-il. Mais on reçoit quand même régulièrement des appels de personnes qui nous disent “on a entendu dire que c’est le fun, chez vous, peut-on venir y travailler?” On ne s’en plaint pas. Les gens veulent travailler et rester chez nous. »

Ces articles pourraient vous intéresser

16 avril 2026

Marie-Noëlle Cano: la communication à 360°

Daniel Borsuk : «La greffe faciale donne une identité à une personne qui n’en a plus» 

Kathleen Wong: au carrefour de toutes les cultures