Portrait
5 décembre 2025

Dre Michèle de Guise : guidée par l’engagement et l’excellence en santé

Plusieurs personnes ont eu un effet marquant sur la carrière de la Dre Michèle de Guise (médecine 1986 et 1992), à commencer par sa mère infirmière, qui lui a transmis sa passion pour le secteur de la santé. De la cardiologie à la gestion, en passant par l’enseignement, la PDG de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) depuis 2022 s’affaire avec énergie à contribuer à l’amélioration de la qualité des soins et du bien-être de la population.

« J’ai grandi avec une mère engagée, qui respectait énormément les médecins avec qui elle travaillait, évoque la Dre de Guise. Nous sommes 4 enfants et, sans surprise, on évolue tous dans le milieu de la santé! » Elle s’intéresse beaucoup à la cardiologie, mais opte pour l’hémato-oncologie après son doctorat en médecine à l’Université de Montréal. Son frère aîné étant cardiologue, elle veut suivre sa propre voie. « La veille de ma résidence en hémato-oncologie, se souvient-elle, j’ai croisé le Dr Louis-Philippe Noël, professeur et cardiologue, qui m’a dit : “Tu seras malheureuse si tu ne choisis pas ce que tu désires vraiment.” Il a changé le cours de ma vie. »

Une expérience internationale révélatrice

Elle réalise son premier fellowship au centre ÉPIC de l’Institut de cardiologie de Montréal, en cardiologie préventive et réadaptation cardiaque. Elle envisage de poursuivre ses études à l’étranger pour faciliter son accès à un poste universitaire, mais aussi par défi et goût de l’aventure : « Avec ma petite valise, je suis partie à Londres pour un fellowship en échographie cardiaque, en dépit d’une maîtrise limitée de l’anglais. »

Elle y constate l’immense respect accordé à la formation médicale prodiguée à Montréal : « Notre système universitaire nous prépare extrêmement bien. En Angleterre et aux États-Unis (où j’ai suivi mon directeur de stage), la formation solide acquise nous permet de nous distinguer favorablement. » Revenue avec un regard différent, elle encouragera plus tard ses résidentes et résidents à saisir ce privilège et à vivre une expérience internationale.

Découvrir son potentiel en gestion

De retour au Québec, elle participe activement à l’implantation d’un centre de réadaptation cardiaque au CHUM : « Ç’a été toute une aventure, dont je suis très fière! Les patientes et patients avaient accès à une équipe interdisciplinaire pour réduire les risques d’évolution de leur maladie cardiaque. Le succès de cette initiative a permis d’élargir cette approche à d’autres conditions de santé. »

Après quelques années, le directeur général du CHUM lui propose le poste de directrice de la promotion de la santé, qu’elle accepte avec enthousiasme et humilité : « Voici une autre personne qui a changé ma carrière! » Elle s’assure de se procurer les outils nécessaires en suivant la maîtrise internationale pour le leadership en santé de l’Université McGill. Cette formation la transforme, lui permettant de découvrir son potentiel en gestion. La mise en place de la Direction de promotion de la santé reste un des succès majeurs de sa carrière, notamment en contribuant à l’émergence des partenariats de soins avec les patientes et patients au CHUM, fruit d’une forte collaboration avec Vincent Dumez, qui a joué un rôle déterminant au Québec à cet effet.

Des projets de cœur

Au CHUM, elle s’implique dans maints projets, dont la création d’un centre d’excellence en promotion de la santé au Centre des naissances, qui a permis de lancer le programme Rond-Point pour soutenir les mères toxicomanes dans leur rôle parental. « C’est loin de la cardiologie, mais près du cœur », exprime-t-elle. Elle a aussi mis sur pied un projet qui avait pour but de proposer aux patientes et patients des fiches d’information, rédigées en langage clair et simple, leur offrant la possibilité de participer activement à leurs soins à titre de partenaires. Celui-ci a poursuivi son essor et compte maintenant plus de 600 documents vulgarisés.

Après avoir occupé plusieurs fonctions de direction au CHUM, elle rejoint l’INESSS en 2015 comme directrice des services de santé et de l’évaluation des technologies, un rôle aligné avec ses valeurs. On la nomme subséquemment vice-présidente scientifique, puis PDG par intérim, poste consolidé par la suite : « Ce qui est extraordinaire à l’INESSS, c’est de penser qu’on a potentiellement une incidence tangible sur la qualité des soins et le bien-être de la population. Nous combinons l’expertise clinique et scientifique avec celle des patientes et patients pour recommander les meilleures pratiques! »

Un leadership humain

Malgré l’écart dans les rôles de gestion dans son milieu principalement féminin, elle estime que le leadership ne doit pas se limiter au genre. Elle défend un leadership humain et partagé, qui inclut une diversité de perspectives et de représentations du monde, aiguillées par des principes d’équité.

Se considérant privilégiée d’avoir fait de belles rencontres qui ont façonné sa trajectoire, elle croit que, pour réussir dans ce domaine, il faut se laisser guider par les bonnes valeurs et posséder un amalgame de confiance, de bienveillance, de persévérance, de résilience, de courage, d’engagement et d’humilité : « On ne doit pas penser qu’on peut tout transformer en quelques heures. »

Au cœur de son tracé exemplaire, la Dre Michèle de Guise incarne une vision de la santé où l’humain et l’excellence se rejoignent. Motivée par l’empathie, le respect et la collaboration, elle espère que la relève pourra s’épanouir dans un système de santé qui « redonne une voix aux patientes et patients afin de rééquilibrer ensemble les priorités et faire les choix appropriés ».

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