
UdeM philanthropie et diplômés
Accueil » Actualités » Sandro Échaquan, lauréat du Prix de l’engagement bénévole | Soirée Étincelles 2023
Ce contenu a été initialement publié il y a quelques années et n’est peut être plus à jour.
Sandro Échaquan (sciences infirmières 2004) cumule les « premières ». Premier infirmier praticien spécialisé de première ligne (IPSPL) du Québec d’origine autochtone et cofondateur du premier centre de pédiatrie sociale en communauté autochtone, il est le premier lauréat du Prix de l’engagement bénévole de l’Université de Montréal (UdeM). Et pour cause, ce membre de la Nation Atikamekw Nehirowisiwde de Manawan s’engage jour après jour à améliorer la qualité, l’accessibilité, l’équité et la sécurité des soins pour les Premières Nations, Inuites et Inuits.
Le déclic pour son choix de carrière, il l’a eu vers l’âge de 10 ans, lors de sa participation au documentaire Les six saisons des Atikamekws* des réalisateurs Pierre Dinel et Pierre Hivon. « Nous accompagnions un aîné guérisseur dans la cueillette de plantes médicinales, se rappelle-t-il. Il nous indiquait leurs usages et propriétés, et ça m’a marqué. Je me suis dit : soigner les autres, c’est ce que je veux faire. »
Après un diplôme d’études collégiales en sciences de la santé au cégep de Lanaudière, il poursuit au baccalauréat en sciences infirmières à l’Université de Moncton. Sa soif constante de connaissances le pousse à aller plus loin. Il s’inscrit à la maîtrise à l’UdeM – où il sera président de l’Association étudiante des cycles supérieurs de la Faculté des sciences infirmières –, puis à l’Université d’Ottawa pour devenir IPSPL.
Durant son parcours scolaire, il s’implique parallèlement au centre de santé de sa communauté et est motivé par une ligne directrice : y améliorer la qualité des services et soins. « Manawan se trouvant à plus de 180 km au nord et à 3 h de route de Joliette, l’accès aux services et aux ressources infirmières est limité, souligne-t-il. Les déterminants sociaux de la santé font aussi partie des enjeux auxquels il faut faire face. »
Respecter les traditions
Dès la fin de ses études, il constate que, pour mieux servir sa communauté, il se doit d’intégrer les savoirs ancestraux autochtones aux différentes facettes des soins : « Je dis souvent à la blague que la profession infirmière m’a “colonisé” dans ma façon de voir les choses. J’avais maintenant besoin de reprendre mon identité autochtone. J’ai commencé à davantage m’intéresser aux plantes médicinales ainsi qu’à regarder comment appliquer la vision de la roue de la médecine, qui tient compte des dimensions spirituelle, mentale, physique et émotionnelle. »
Ce respect des traditions de ses ancêtres dans les soins, il y veille au gré de ses expériences comme infirmier praticien spécialisé (IPS), dans lesquelles il mise aussi toujours sur la collégialité, un élément primordial pour lui. Il est nommé directeur des services de santé du Centre de santé Masko-Siwin en 2014, en devient le directeur général en 2017, puis choisit de revenir à la pratique clinique une année après. En 2019, il ajoute une corde à son arc en cofondant et en dirigeant le Centre Mihawoso – Centre de pédiatrie sociale de Manawan.
Joyce Échaquan : une mort marquante
Depuis que la mort de sa cousine Joyce dans des circonstances troublantes en 2020 a ravivé le débat autour du racisme systémique, il s’engage de surcroît à nourrir la réflexion sur la sécurisation culturelle. Conférences, comités, recherches, développement de formations, il est de toutes les tribunes : « Quand je participe à un projet, c’est pour faire bouger les choses et améliorer la qualité des soins. On voyait déjà avant le décès de Joyce que l’accès aux services de santé pour les Autochtones était difficile. La relation de confiance s’est un peu déconstruite et on doit la reconstruire. »
C’est l’une des raisons pour lesquelles il a accepté en 2021 de devenir professeur adjoint de clinique à la Faculté des sciences infirmières de l’UdeM, tout en maintenant sa pratique : « Soutenir les étudiantes et étudiants dans leur processus d’apprentissage, mais aussi les sensibiliser à la sécurisation culturelle lorsqu’ils devront traiter des membres des Premiers Peuples, c’est ce qui m’a interpellé dans l’enseignement. » Il contribue en outre à l’École des dirigeants des Premières Nations HEC Montréal comme formateur invité, depuis sa création en 2021.
Rêver et agir ensemble
Son rêve est de faire reconnaître les savoirs autochtones comme des approches complémentaires à utiliser dans les soins et services : « Je souhaite que tout individu qui se présente dans un service de santé ait le choix de consulter soit le médecin, le personnel infirmier ou le guérisseur, et que tout le monde travaille ensemble. Cela rejoint le concept de la double perspective qu’un aîné avait mis de l’avant en Nouvelle-Écosse, soit de prendre le meilleur dans les modes de connaissances occidentaux et autochtones au bénéfice des patientes et patients. Ça rejoint aussi tout à fait le Principe de Joyce**. »
Plusieurs démarches ont déjà été amorcées en ce sens, notamment au sein de la Coalition professionnelle pour la santé autochtone au Québec : « Avec des collègues autochtones et allochtones, des membres du corps professoral, nous réfléchissons sur comment assurer l’équité dans les services et soins. C’est un bon commencement pour tenter de transformer le système et assurer l’équité et la justice sociale.»
* La communauté attikamek évolue selon six saisons : Takwakin (automne); Pitcipon (préhiver); Pipon (hiver); Sikon (préprintemps); Miroskamin (printemps); Nipin (été).
** Mémoire présenté par le Conseil des Atikamekw de Manawan et le Conseil de la Nation atikamekw en novembre 2020 aux gouvernements du Canada et du Québec, à la suite du décès de Joyce Echaquan, le Principe de Joyce vise à garantir à l’ensemble des Autochtones un droit d’accès équitable, sans aucune discrimination, à tous les services sociaux et de santé, ainsi que le droit de jouir du meilleur état possible de santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle. Il requiert obligatoirement la reconnaissance et le respect des savoirs traditionnels et vivants des Autochtones en matière de santé (source : principedejoyce.com).
Décerné à une personne diplômée qui se distingue par son engagement social et ses valeurs altruistes, et dont les actions contribuent à la société dans une perspective de bien commun, en dehors des murs de son alma mater.


Les témoins (aussi appelés « cookies ») sont de petits fichiers textes qui sont téléchargés lorsque vous consultez certaines pages d’un site et qui sont enregistrés dans la mémoire de l’appareil que vous utilisez. Ils permettent d’enregistrer certaines informations (type de navigateur, langue, pays, adresse IP, identifiant, etc.) afin d’être récupérées par le serveur lors de visites subséquentes. Ils sont utilisés pour mettre à jour et optimiser nos plateformes en fonction de l’utilisation que vous en faites et de vos besoins.
L’UdeM collecte des données sur les plateformes, afin d’analyser leur utilisation et d’améliorer l’expérience des visiteurs.
L’UdeM utilise également les services de Google Analytics, afin d'analyser le trafic Web et de recueillir des données de navigation à des fins statistiques et d’amélioration des Plateformes.
Parce que nous respectons votre droit à la vie privée, nous vous donnons la possibilité de ne pas autoriser certains types de témoins. Cliquez sur les différentes catégories pour obtenir plus de détails sur chacune d’entre elles et modifier les paramètres par défaut. Toutefois, si vous désactivez certains types de témoins, votre expérience de navigation et les services que nous sommes en mesure de vous offrir peuvent être impactés.