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Accueil » Actualités » Elisabeth Dutil : au cœur de l’histoire de l’ergothérapie au Québec
Elisabeth Dutil (ergothérapie 1966 et 1972, anatomie 1975) est une figure emblématique de l’École de réadaptation de l’Université de Montréal (UdeM) depuis près de 60 ans. L’ergothérapeute émérite est au cœur de l’histoire et de l’évolution de son domaine au Québec et a marqué de son empreinte l’enseignement et la recherche. Même depuis sa retraite, son influence perdure à travers la coécriture d’un ouvrage considéré comme une référence pour la profession.
Tout a commencé dans les années 1960, alors que l’une de ses sœurs, étudiante en physiothérapie à l’UdeM, lui suggère de s’y inscrire en ergothérapie. « Ça se nommait à ce moment occupation thérapie, précise-t-elle. J’ai tout de suite aimé cette discipline et je n’ai jamais regretté mon choix. » La suite de son cheminement confirmera la justesse de sa décision.
Elle travaille tout d’abord comme clinicienne à l’Institut de réhabilitation de Montréal*, en remplacement d’un congé de maternité. On lui offre par la suite de participer à la mise en place d’un service d’ergothérapie à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal. Animée par les défis, elle s’y affaire aussitôt en trouvant des personnes clés pour l’aider.
Rapidement, cette joueuse d’équipe se fait un nom dans le secteur et, au début des années 1970, amorce sa carrière d’enseignement à l’UdeM; le coup de foudre est instantané : « De voir les étudiantes et étudiants évoluer, de les amener à se questionner et à se surpasser, c’est si valorisant! Ma porte était toujours ouverte. J’utilisais une variété de méthodes pédagogiques pour maintenir leur intérêt. »
Forte de son expérience pratique, elle garde contact avec les milieux cliniques pour alimenter son enseignement. C’est aussi par cette porte qu’elle nourrit ses recherches.
Dans les années 1980, elle participe à la création d’un comité de recherche à l’École de réadaptation Elle supervise son 1er étudiant à la maîtrise, dont le projet porte sur l’évaluation d’une intervention liée à la subluxation de l’épaule et nécessite la conception d’un instrument de mesure avec une équipe multidisciplinaire, ce qui la conduit à joindre le Centre de recherche de l’Institut de réadaptation de Montréal. Par la suite, elle s’implique au sein d’une équipe interdisciplinaire dont le mandat est de développer un système d’évaluation global pour les personnes présentant un traumatisme crânien. Pour favoriser la collaboration avec les cliniciennes et cliniciens, elle encourage leur contribution à toutes les étapes de recherche.
Pendant ce temps, elle ajoute un nouveau rôle dans son existence, celui de mère, sans toutefois lésiner sur ses occupations professionnelles. Elle devient une référence en développement d’approches et d’outils liés aux habitudes de vie des personnes, notamment les activités de la vie quotidienne (Profil des AVQ) et le loisir (Profil du loisir) encore appliqués et reconnus au Canada et en France.
En outre, elle s’implique dans la création du Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation de Montréal et y codirige l’axe sur les habitudes de vie, de 2000 à 2005. Nommée responsable du baccalauréat en ergothérapie de l’UdeM en 2002, elle participe à sa refonte ainsi qu’à la mise en place de la maîtrise professionnelle.
Bien que prenant sa retraite « officielle » en 2008, Elisabeth Dutil maintient sa supervision de doctorantes et doctorants, donne des formations continues et, pendant 3 ans, s’attelle à une tâche colossale d’enquête et de rédaction avec Francine Ferland, qui les mène à la publication en 2012 de l’ouvrage L’ergothérapie au Québec – Histoire d’une profession.
Aux côtés de son mari, elle consacre aussi beaucoup de temps au bénévolat, notamment pour un organisme sans but lucratif, dont la mission est d’aider les personnes dans le besoin: « J’ai l’impression qu’il s’agit d’une suite logique de mon parcours puisqu’il ne faut jamais oublier que la relation d’aide et l’approche centrée sur le client sont au cœur de notre profession. »
En rétrospective, elle constate avec satisfaction l’évolution significative de son champ d’expertise, notamment en ce qui a trait au rôle pivot que les ergothérapeutes occupent désormais au sein des équipes de santé. Visionnaire, elle aspire à encore plus pour son domaine et pour le futur de l’École de réadaptation. Elle exprime le désir de voir aménager des environnements accessibles et inclusifs, et anticipe l’incidence des nouvelles technologies sur les pratiques de réadaptation.
Ses vœux ultimes : « Que chaque personne, dans 70 ans, ait sa ou son ergothérapeute. Et pourquoi ne pas envisager une ou un ergothérapeute à la tête du ministère de la Santé? La population pourrait assurément tirer parti de cette vision holistique et créative des problématiques qui caractérise notre si belle profession. »
La trajectoire d’Elisabeth Dutil, consacrée à l’enseignement, à la recherche et à l’innovation en ergothérapie, laisse incontestablement un héritage inspirant aux générations futures de professionnelles et professionnels de la santé.
Portrait réalisé dans le cadre du 70e anniversaire de l’École de réadaptation.
* Il changera de nom pour Institut de réadaptation de Montréal en 1972, puis pour Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal en 2008.


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