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Accueil » Actualités » Fanny Dusastre Martinez: loin des yeux, près du cœur
L’Université de Montréal paraît loin quand on vit à Los Angeles. Mais ce n’est pas pour autant que Fanny Dusastre Martinez a oublié d’où elle vient. Son histoire nous rappelle à point nommé qu’on ne maîtrise pas tout de son destin, qu’il faut faire avec, mais qu’on peut faire beaucoup… Tant qu’on a le cœur à la bonne place!
Le destin a ses raisons que la raison ignore. Prenez Fanny Dusastre-Martinez, citoyenne française, diplômée de l’Université de Montréal. Elle avait choisi le Québec pour continuer d’étudier dans sa langue, une maîtrise en études internationales par amour de l’étranger et de l’humanitaire, et un doctorat en droit civil pour défendre des causes qui lui sont chères. Et la voilà, vingt ans plus tard, installée à Los Angeles avec mari et enfants, bien obligée de parler anglais toute la journée, et promue il y a quatre ans avocate senior de la banque Comerica.
Fanny est consciente de cette distance incompressible qui sépare ce qu’on veut d’où on va. «On pense que la vie va suivre un chemin tout tracé, et puis non, sourit-elle. J’en ai eu la preuve encore récemment: nous allons fusionner avec une autre banque en février! J’attendais une promotion, et tout est remis en cause… La vie réserve parfois des moments incertains, mais il faut faire avec et avancer malgré tout.»
L’embarras du choix
L’adaptation et la résilience sont une seconde nature chez cette passionnée de l’étranger. Il y a eu sa France natale qu’elle a d’abord quittée pour faire ses études. Puis le Québec, qu’elle a dû laisser par amour pour son mari franco-américain. Et enfin, ses rêves de côte Est et d’organisations internationales, qu’elle a abandonnés pour le soleil californien. À côté de ses expatriations, on aurait pu se dire que ce dernier saut serait le plus simple, et pourtant…
«En février 2009, je suis admise au barreau de New York, raconte-t-elle en se replongeant dans ses souvenirs. C’est un concours exigeant, qui plus est dans une langue qui n’est pas la mienne, mais l’UdeM nous y prépare bien! On venait de déménager à Los Angeles, et là, je me fais dire: “Votre barreau de New York, c’est formidable, mais il n’a aucune valeur ici. Passez le barreau de Californie!”»
Et voilà comment Fanny a dû redémarrer à zéro en juillet 2009. Sachant que le barreau californien est réputé au moins aussi difficile que le new-yorkais… À force de travail, elle l’obtiendra pourtant, mais le destin – encore lui! – lui avait réservé une ultime malice entre temps. « Cet été-là, j’ai eu un choix à faire, se remémore-t-elle. On m’offrait soit un stage soit un poste temporaire à la Cour Internationale de Justice de La Haye, dans le bureau du procureur! Depuis mon stage chez Amnesty International pendant ma maîtrise, je rêvais de travailler dans ce genre d’organisations. Mais je cherchais du travail en Californie… Et en tant qu’étrangère, je savais que si je m’absentais trop longtemps, ça compliquerait ma recherche d’emploi future. Alors je suis restée…»
Aujourd’hui encore – ses mots la trahissent – elle n’a pas complètement résolu cet embarras du choix. Bien que fière de sa carrière dans le domaine bancaire et passionnée par les missions juridiques qui sont les siennes, elle n’exclut pas de se réorienter un jour. «J’ai toujours voulu avoir un impact sur la vie des gens, surtout les plus démunis, révèle-t-elle. Mon service juridique est dédié aux jeunes entreprises technologiques et aux fonds privés d’investissement, donc c’est très stimulant, très cosmopolite aussi. Mais on reste loin des droits de l’homme et des réfugiés…»
De l’impact, encore de l’impact
Alors? Alors Fanny agit. S’implique. S’engage. « Dès que j’ai pu intégrer un cabinet californien, j’ai fait du pro bono, commence-t-elle. J’aidais des migrants mineurs à obtenir leur carte verte, en vertu d’un programme spécial. Même si je n’œuvrais pas directement dans le milieu humanitaire, j’avais l’impression de contribuer, de les aider.»
Et puis, il y a ses actions caritatives. Dès qu’elle le peut, Fanny essaie de faire des gestes, de redonner à la communauté. Pendant l’incendie de Los Angeles en début d’année, elle a été au diapason de beaucoup d’habitants de la ville, faisant des dons, rassemblant tous les objets qu’elle trouvait chez elle pour les distribuer. Régulièrement, dans le cadre de son travail, elle intervient aussi dans des écoles pour faire de l’éducation financière. Elle s’est même impliquée pendant une dizaine d’années dans la Fondation canadienne Kelly Shires qui appuie les victimes du cancer du sein. «Tout ça reste modeste, juge-t-elle, mais c’est ainsi que je comble mon besoin d’aider.»
Ce sens de la solidarité, elle l’applique aussi à son université. Fanny se dit toujours prête à partager son expérience, ses mises en garde et ses conseils aux personnes fraîchement diplômées qui débarquent à Los Angeles. Ici, elle a gravi les échelons, écumé plusieurs cabinets, construit une belle carrière dans le milieu bancaire, mais dieu sait combien ce genre de rencontre, de contact, de petit point de repère dans une ville qui en manque tant, lui aurait été utile à son arrivée! Alors, généreuse, c’est avec plaisir qu’elle en fait bénéficier les autres: «Je les aide comme je peux, mais une simple discussion peut suffire à les rassurer ou anticiper les obstacles. Quand on a obtenu son diplôme de droit à l’extérieur des États-Unis, ça peut très vite devenir très complexe d’intégrer le marché du travail.»
Façonnée par l’UdeM
Sans surprise, le meilleur moyen de croiser la jeune femme reste encore les cocktails de l’UdeM à Los Angeles. Elle n’en manque pas un, autant par fidélité envers son alma mater que par goût des nouvelles rencontres. «L’Université de Montréal m’a tout donné: un enseignement de qualité, des professeurs exceptionnels, des amis pour la vie… s’enthousiasme-t-elle. Elle m’a vraiment façonnée. Alors c’est toujours un plaisir de croiser celles et ceux qui en sortent, ou qui la font prospérer.» Comme les causes qui lui sont chères, l’Université se tient loin de ses yeux, mais près de son cœur.
Ce n’est pas une image ou une formule de circonstance. Elle raconte combien la position de l’UdeM, à cheval entre la francophonie et l’Amérique du Nord, est privilégiée, reconnue à l’étranger, et combien elle lui a profité. L’enseignement du droit y est dispensé en français, insiste-t-elle, mais un texte juridique en anglais ne sera jamais rejeté s’il est pertinent. L’ouverture sur le reste du monde est codée dans l’ADN de son cursus universitaire. «La conséquence, je l’ai vue en postulant à la Cour pénale internationale: les seuls avocats capables de pratiquer le droit dans les deux langues, ce sont les Québécois!»
Rassembler les confettis
Notre communauté universitaire installée à l’étranger – on le répète souvent – est notre meilleure ambassadrice. Toutes nos diplômées et diplômés sont autant de petits morceaux d’UdeM dispersés comme des confettis à la surface du globe. Reste une question, récurrente: comment conserver un attachement quand on vit par définition détaché? « C’est vrai qu’on se sent assez loin de Montréal, reconnaît Fanny. L’Université a raison de vouloir être plus présente, physiquement et dans les esprits. Sentir qu’on fait partie de quelque chose, ça donne envie de s’impliquer!»
Cette âme collective, cette mentalité rassembleuse qui dépasse les frontières, c’est effectivement tout ce que la campagne L’heure est brave bâtit depuis deux ans: page Linkedin pour nos diplômés hors Québec, infolettre dédiée, sans oublier la dizaine de missions internationales… Mais cette histoire ne pourrait pas s’écrire sans des personnes aussi investies que Fanny. D’abord parce qu’elles donnent d’elles et de leur temps, mais surtout parce qu’elles savent d’instinct constituer des mosaïques, réunir les morceaux, rassembler les confettis. Le destin, toujours lui: quand on a toujours voulu aider celles et ceux qui viennent d’ailleurs, y a-t-il un meilleur rôle que celui d’ambassadeur?




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