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Accueil » Actualités » La Dre Lucie Hénault : lorsque la bienveillance surpasse l’excellence
Née dans une famille qui valorisait beaucoup les études et qui a toujours eu des animaux à la maison, Lucie Hénault a su dès son 5e anniversaire qu’elle en soignerait lorsqu’elle serait grande. Elle se souvient encore des dessins qu’elle se plaisait à exécuter de ses bestioles favorites.
Lors de son arrivée au cégep, malgré un moment de doute sur ses capacités à réussir ses cours de sciences, elle a persévéré pour atteindre son rêve : celui d’étudier à l’Université de Montréal (UdeM) pour devenir médecin vétérinaire. « Ce lieu mythique a une énergie peu ordinaire, souligne-t-elle. Dès que tu franchis ses portes qui transpirent la richesse des heures passées à étudier, tu saisis que les efforts jusqu’alors investis ne sont que le début d’un parcours exigeant. L’excellence n’est pas une option, elle sera plutôt le nouveau mode de vie qui s’imprégnera en toi tout au long de ta carrière. »
La Dre Hénault a rapidement réalisé que derrière le soin à l’animal se cachent des habiletés communicationnelles, dont l’écoute et l’empathie, pour réussir à créer un lien de confiance avec les propriétaires d’animaux et l’équipe de travail : « J’ai souvent entendu des étudiantes et étudiants qui choisissaient ce métier dire qu’ils se sentaient mieux avec les animaux qu’avec les humains. Cette idée m’apparaît paradoxale puisqu’on doit d’abord apprendre à bien dialoguer avec la ou le propriétaire pour ensuite être en mesure de soigner l’animal. » Les compétences socioémotionnelles sont donc à son avis des éléments clés de la réussite dans ce métier.
« La profession de vétérinaire est parsemée d’émotions à gérer. Le quotidien est fait de maladies, d’accidents, de mauvaises nouvelles et de discussions financières parfois difficiles. Et il y a des liens qui se tissent avec certains propriétaires et leurs animaux. À l’occasion, il nous arrive même de pleurer avec notre clientèle. On devient en quelque sorte une amie ou un ami sur qui celle-ci peut compter. »
Elle se souvient encore d’une rencontre avec une famille venue faire soigner son chien, qui a marqué son passage à la faculté lorsqu’elle était étudiante. Pendant l’examen, elle a constaté que l’animal était aux prises avec un cancer. Les parents l’ont alors suppliée de tout faire pour retarder son moment de quitter ce monde, car leur fils faisait face à un cancer sévère en phase terminale.
« Ce chien était le meilleur ami du petit, son confident et sa raison de se lever le matin, mentionne-t-elle avec émotion. Sa présence lui procurait tant de joie et générait encore plus d’amour au sein de la famille. C’était déchirant comme événement! »
Puisque de tels épisodes ne sont pas rares dans le milieu, la société a besoin d’éveiller les consciences sur le plan de la santé mentale des médecins vétérinaires. Il s’agit d’une profession axée sur la performance et, malgré les différents schèmes de pensée, de petits êtres chers en dépendent.
Selon une étude menée par l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec, le taux de suicide est plus élevé au sein de la profession que dans tout autre domaine. La sensibilisation et l’éducation sont donc des éléments importants pour démystifier ce qui se cache derrière ce mal-être.
Dans le but d’être une actrice de changement à cet égard, la Dre Hénault donne régulièrement des conférences, dont l’une sous peu, en collaboration avec son alma mater, intitulée « La bienveillance comme indicateur de performance ». Elle s’engage activement dans différents comités ainsi qu’auprès des jeunes, dont la relève étudiante, pour leur démontrer qu’il existe d’autres modèles de réussite.
« On a la chance de pouvoir faire preuve de créativité au Québec, et l’un des moyens pour conserver notre pertinence est l’éducation. Innovons, soyons toutes et tous bienveillants envers soi et les autres, et fiers de participer à l’entreprenariat d’ici! »
Animée par cette idéologie de faire les choses différemment et d’être maître de ses décisions et de sa destinée, la Dre Hénault s’est d’ailleurs lancée dans l’entrepreneuriat pour paver sa propre voie et celle d’autres qui la suivront. Maintenant propriétaire de 8 établissements avec ses associées à travers la province, la vétérinaire incarne le changement qu’elle souhaite voir se manifester au Québec.


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