Portrait
4 décembre 2025

Marie-Josée Desrochers : faire rayonner les arts au Québec auprès du plus grand nombre

Propulser une organisation et rejoindre les publics avec une vision rassembleuse et une approche collaborative, voilà ce qui a toujours animé Marie-Josée Desrochers (musique 1990 et 1993). La présidente-directrice générale de la Société de la Place des Arts depuis 2019 et dont le mandat a été renouvelé en 2024, met aujourd’hui ses compétences au service du rayonnement de la culture québécoise.

Fraîchement débarquée à Montréal depuis sa ville natale de Joliette pour ses études postsecondaires, Marie-Josée Desrochers avait déjà une passion pour la musique et jouait du piano et du violon depuis sa petite enfance. « Le professeur de piano de l’Université de Montréal (UdeM) m’a acceptée dans sa classe », dit celle qui a obtenu un baccalauréat, puis une maîtrise en interprétation de cet instrument. « Je trouvais aussi qu’il y avait un foisonnement d’idées à la faculté. C’était un milieu inspirant et enrichissant et les salles de concerts y étaient superbes.»

De la culture sous toutes ses formes, elle en consommait déjà à l’époque, en étant abonnée à l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et en allant régulièrement à des concerts : « Je crois qu’on façonne également notre parcours professionnel avec des expériences qui sortent du cadre académique. Tout ce que j’ai fait en dehors de mon CV et ce, même bénévolement, m’a été très profitable. Il faut faire preuve de curiosité. »

De son propre aveu, « inhabituel » est le mot qui décrit le mieux son cursus. L’artiste et administratrice en herbe a ensuite poursuivi au diplôme d’études supérieures spécialisées en gestion – organismes culturels à HEC Montréal, et ce, en cumulant des emplois, tels que professeure de piano et accompagnatrice – ce qu’elle a fait pendant dix ans – et, en travaillant notamment au Festival international de Lanaudière et comme recherchiste à la radio classique de Radio-Canada. « J’ai trouvé ma voie dans ces organisations », se souvient-elle.

Mais c’est un échange déterminant, dans le cadre du HEC, avec Michelle Courchesne, alors directrice générale de l’OSM, qui lui a ouvert les portes de son avenir. « Je l’ai appelée en lui disant que j’aimerais avoir une discussion avec elle au sujet de mon parcours professionnel, raconte Marie-Josée Desrochers. Et elle a accepté. » Quelques semaines plus tard, elle décrochait officiellement un poste en marketing et communication au sein de l’OSM, où elle a par la suite occupé des fonctions-clés à la direction, jusqu’en 2019 participant étroitement au développement de l’Orchestre pendant 20 ans sous la gouverne de la Cheffe de la direction Madeleine Careau. « Un des conseils que je donne aux jeunes est de ne jamais hésiter à solliciter des rencontres », fait-elle valoir.

Au service de la culture

Dans une volonté d’élargir ses outils et ses compétences comme leader, elle s’est inscrite à l’EMBA McGill – HEC Montréal, qu’elle a terminé en 2014 : « J’avais envie d’échanger avec des parties prenantes d’autres secteurs d’activités économiques et aussi de démontrer que la culture est l’un des vecteurs de développement de notre société. En me choisissant « Valedictorian », mes collègues ont véritablement choisi la culture pour les représenter et j’en étais très fière! »

Elle voit d’ailleurs ses expériences diverses en tant que pianiste et gestionnaire comme un atout : « J’ai fait travailler les 2 côtés de mon cerveau. Étudier la musique à l’université m’a permis d’acquérir une très grande capacité d’analyse, tout en développant une grande capacité émotionnelle. » Ceci lui permet d’avoir une meilleure compréhension d’une vision d’ensemble afin de mettre sur pied des stratégies adaptées pour atteindre un objectif.

« Lorsqu’on joue une pièce, il faut se pencher sur son histoire et sur l’époque dans laquelle elle s’inscrit, ajoute-t-elle. Quand je suis arrivée à la Place des Arts, la première chose que j’ai faite a été d’étudier son histoire. L’ADN des années 1960 est toujours présent. Mais son application a changé et doit s’adapter aux réalités contemporaines. » Elle voit son mandat dans cette optique, avec une profondeur qui lui est propre et en développant une vision rassembleuse pour atteindre l’excellence dans les processus organisationnels.

Sa plus grande fierté reste toutefois ses 2 filles, aujourd’hui adultes. « Maintenant, c’est à leur tour de me guider, lance-t-elle. Mon safe space – et ce qui fait que je peux exceller dans mon travail – que j’aime vraiment beaucoup- – c’est ma famille. Grâce à elle, j’ai une vie équilibrée, même si je travaille énormément! »

Favoriser la relève musicale

Marie-Josée Desrochers adopte un esprit rassembleur en s’impliquant également comme présidente du comité consultatif de la campagne L’heure est brave : « Mon rôle est de fédérer les membres pour soutenir une vision et nourrir l’aspiration en instaurant des stratégies qui vont créer de la valeur. »

La PDG de la Place des Arts se réjouit d’ailleurs de la mise sur pied du Bureau de développement professionnel à la Faculté de musique, qui vise à lancer la carrière des étudiantes et étudiants : « C’est un projet très cher à mon cœur. Chacune et chacun doit tracer son propre chemin, mais, en culture, la route est moins linéaire. Si on peut faciliter les liens avec le marché de l’emploi et pérenniser ce Bureau avec 2 M$, ce serait très précieux pour la relève. »

Aujourd’hui, elle souhaite continuer à propulser l’écosystème culturel québécois et favoriser la rencontre entre les publics et les artistes, sans perdre de vue l’étincelle qui la fait vibrer depuis sa jeunesse : « Ma plus grande satisfaction, c’est d’être dans une salle pleine et de voir le public qui applaudit une ou un artiste. Cette communion, c’est la meilleure récompense ! »

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