Portrait
4 décembre 2025

Jean Thiffault : faire avancer la pharmacie

Depuis le début de ses études universitaires, Jean Thiffault (pharmacie 1991 et médecine 1995) veille à faire avancer la profession de pharmacienne et pharmacien. Rencontre avec un professionnel habité par sa mission! 

Jean Thiffault a senti le besoin de s’impliquer pour faire avancer la pratique de la pharmacie dès l’obtention de sa maîtrise en pharmacocinétique de l’Université de Montréal (UdeM) en 1996. De son propre aveu, ce choix de carrière est «un peu un accident de parcours». Après avoir envisagé de travailler dans l’industrie pharmaceutique, il a plongé dans l’entrepreneuriat en voyant une occasion de devenir propriétaire. «À 18 ans, souvent, on ne sait pas encore ce qu’on souhaite faire dans la vie, confie-t-il. Mais, j’ai tenté ma chance avec la pharmacie et je n’ai jamais regardé en arrière.»

Il a d’abord été propriétaire au sein de la bannière Jean Coutu, tout en chapeautant le Comité régional sur les services pharmaceutiques de Laval durant près de 5 ans. Par la suite, il a siégé en tant qu’administrateur à l’Ordre des pharmaciens du Québec et comme président à l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP). En 2020, il a participé à faire progresser des dossiers prioritaires en pharmacie communautaire dans la province alors qu’il était directeur principal des affaires gouvernementales et réglementaires au Groupe Jean Coutu.

Devenu en 2022 vice-président développement stratégique et affaires professionnelles chez Pharmaprix, il y participera notamment au déploiement des espaces cliniques dans ce réseau de pharmacies. «Il y a actuellement un très grand nombre de postes de pharmaciens à pourvoir au Québec, déclarait-il en 2024, lors de l’annonce de l’élargissement de cette nouvelle offre de service. Ces nouveaux espaces de soins cliniques dynamisent le rôle du pharmacien. Quand on étudie en pharmacie à l’université, on aspire tous et toutes à une carrière permettant d’avoir des contacts directs de qualité avec les patients, et c’est exactement ce qu’on leur offre avec ces espaces de soins cliniques. Il s’agit donc pour nous d’un puissant facteur d’attrait et de rétention.»

Une profession en constante mutation

On l’aura compris: Jean Thiffault aspire à ce que les pharmaciennes et pharmaciens deviennent des acteurs incontournables du système de santé au Québec, ce qui le motive à sans cesse repousser les limites de l’exercice de la pharmacie.

Le président sortant de l’Association des bannières et des chaînes de pharmacies du Québec le reconnaît sans mal: faire progresser sa profession est le moteur principal de sa carrière. «Je trouvais que le système mis en place ne facilitait pas la vie des patientes et patients, révèle-t-il. J’avais ce désir de provoquer le changement et d’améliorer les services, ce qui est toujours le cas dans mes fonctions actuelles.»

Alors qu’il présidait l’AQPP, il a notamment contribué à instaurer la vaccination en pharmacie pour, entre autres, faciliter l’accès aux patientes et patients : «Au départ, très peu de gens y croyaient. Il y a eu beaucoup de cynisme et de résistance initialement mais maintenant, c’est un succès indéniable. C’est l’une des réalisations dont je suis le plus fier !», se réjouit-il.

Donner au suivant

Le baccalauréat en pharmacie a énormément évolué depuis le moment où il a obtenu son diplôme, constate-t-il. «À l’époque, il y avait très peu d’aspects cliniques qui y étaient abordés. Les matières étaient surtout axées sur la science avec de la chimie et de la biochimie, raconte-t-il. On apprend aujourd’hui aux étudiants à pousser les soins pharmaceutiques plus loin en développant leur profil de cliniciens en plus de celui de scientifiques.» Son passage à l’UdeM lui a également permis de développer son sens du devoir et sa rigueur scientifique qu’il applique au quotidien.

Il trouvait donc naturel de devenir bénévole dans le cadre de la grande campagne de l’UdeM, en tant que coprésident du comité consultatif de la Faculté de pharmacie : «Je voulais redonner au suivant. On vit dans une période où il est nécessaire d’approfondir la recherche pour documenter le rôle de la pharmacienne et du pharmacien. Il faut que la relève ait vraiment tout ce dont elle a besoin pour exercer la profession.» Il cite en exemple l’essor de l’intelligence artificielle, le vieillissement de la population et le décloisonnement de certains soins de santé comme facteurs transformateurs de la pharmacie.

Ces défis rejoignent deux des quatre piliers de la campagne L’heure est brave, qui a notamment pour but de bonifier l’expérience du corps étudiant et de l’aider à développer son plein potentiel, en plus d’accélérer l’innovation au service de la collectivité.

Par ses actions, par son désir de faire évoluer la pratique de la pharmacie en unissant les différents acteurs de la profession, Jean Thiffault s’inscrit pleinement dans ces objectifs de campagne. «Nous avons tout intérêt à parler d’une seule voix, répète-t-il souvent. Lorsque nous avançons ensemble, nous progressons plus rapidement.»

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