Portrait
8 octobre 2025

Mélissa Harvey, de l’humanisme au parfum d’argan

Avec son diplôme du certificat de relations publiques, obtenu à la Faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal en 2001, ainsi que ses deux certificats de HEC Montréal en poche, Mélissa Harvey part alors en stage au Maroc en 2004. Elle effectue ce voyage dans le cadre de sa maîtrise en commerce équitable. Là-bas, c’est la révélation: la jeune femme a un véritable coup de foudre pour le Maroc.

« J’ai toujours été concernée par l’écologie, le biologique et le commerce équitable, explique-t-elle. Cela fait partie de mes valeurs profondes. C’est pour cela que je suis partie au Maroc, à la rencontre des coopératives des femmes berbères. Elles avaient besoin d’aide pour créer leur site internet et écouler leur production d’huile d’argan. Le début d’une formidable aventure. »

La rencontre avec ces femmes marque durablement Mélissa Harvey. La plupart d’entre elles sont analphabètes et sont même menacées d’expulsion de leur terrain. L’idée de faire du commerce équitable et d’aider les femmes berbères commence à germer dans l’esprit de Mme Harvey. L’huile d’argan est alors peu connue au Canada. Pour les aider, elle revient avec des kilos d’huile qu’elle vend au marché Jean-Talon pendant quelques semaines. En 2006, elle crée alors Zorah biocosmétiques pour aider ces femmes à écouler leur huile d’argan dans un projet commun équitable qui leur permettrait de devenir autonomes et éduquées.

« La création de mon entreprise a permis à plusieurs femmes, au travers de ces coopératives, de s’émanciper. Le projet humain est vraiment au cœur de Zorah biocosmétiques. L’éducation de ces femmes berbères est pour moi essentielle. Nous avons, par exemple, Fatima qui ne savait ni lire ni écrire, avec trois enfants, qui est rendue maintenant cheffe comptable de trois coopératives. C’est pour moi une grande fierté. »

Un arbre unique au monde

Avec le développement de son entreprise, Mélissa Harvey a aussi permis de contrer la désertification des ressources, tout en développant la permaculture locale, des pratiques qui favorisent une agriculture durable et écoresponsable. En plus de ses propriétés cosmétiques au travers de l’huile et de ses dérivés, l’arganier permet de garder les sols en santé. L’huile d’argan, connue depuis des millénaires au Maroc, est toute nouvelle pour le Canada. L’entrepreneure est précurseur dans ce domaine puisqu’elle a été la première à en importer massivement. Zorah biocosmétiques est devenu le premier importateur d’huile d’argan de tout le Canada et continue de se développer au fil des années. Le nombre de coopératives continue d’augmenter et de nouveaux marchés mondiaux s’ouvrent, toujours dans l’optique d’améliorer la condition féminine et un commerce plus équitable.

« Actuellement, nous sommes une trentaine de salariés au sein de l’entreprise, ici au Canada, et nous encourageons les coopératives au Maroc, en Inde, en Indonésie à se développer. On est rendus à plus de 5 000 femmes marocaines qui travaillent dans les coopératives d’huile d’argan, détaille fièrement Mme Harvey. Toujours dans l’optique biologique, écologique et équitable, ce développement est bénéfique pour tout le monde et surtout pour ces femmes berbères que je considère comme ma famille ».

Grâce à la création de Zorah biocosmétiques, Mélissa Harvey a permis l’émancipation et l’éducation de milliers de femmes et fait figure d’exemple à suivre pour un commerce plus juste et plus humain.

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