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Accueil » Actualités » Anik Shooner, lauréate de l’Ordre du mérite 2020
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Anik Shooner (architecture 1987) est l’une des rares femmes à avoir fondé un grand bureau d’architectes dans les années 1990. Les mots diplômée d’exception, effort, discipline, courage et réussite la caractérisent parfaitement, ce qui lui vaut l’Ordre du mérite 2020, décerné par l’Université de Montréal (UdeM).
Son attachement à son alma mater est aussi digne de mention, puisqu’elle s’y implique activement, notamment comme ambassadrice de la campagne de dons planifiés pour le financement de l’École d’architecture et membre du Comité-conseil de la Faculté de l’aménagement. « J’ai eu la chance d’étudier ; il est important pour moi de redonner à la société. »
Et cette distinction de son alma mater la confirme dans son engagement : « On ne pense jamais que ce que l’on fait est exceptionnel, souligne-t-elle avec modestie. Alors quand on reçoit une reconnaissance, on se dit “pourquoi moi?” Recevoir cet honneur, qui reconnait non seulement mes réalisations en tant qu’architecte, mais aussi mon implication philanthropique, m’encourage à continuer. »
Et avec un parcours si riche en réalisations marquantes, on comprend aisément pourquoi elle a été choisie…
Elle a connu son début de carrière à Toronto, mais c’est à Montréal, en 1994, qu’elle cofonde avec Yves Dagenais et René Menkès sa propre firme qui, après une fusion avec Jean-Pierre LeTourneux, deviendra en 2004 Menkès Shooner Dagenais LeTourneux Architectes.
De seulement 6 employés au départ, ils en sont à plus de 120 aujourd’hui, et ont travaillé sur nombre de projets d’envergure, notamment : les pavillons Lassonde de Polytechnique Montréal, 1ers bâtiments universitaires québécois à avoir été certifiés LEED, l’Agence spatiale canadienne, la Maison du développement durable, et le siège social de la Banque Nationale.
Et pour tous ces projets, elle s’est toujours démarquée par sa créativité, sa vision, son leadership, son sens aigu de l’organisation et son enthousiasme : « J’adore mon métier! Ce qu’on fait en architecture, on le fait pour et avec des humains : on crée des milieux de vie et on les améliore. On concrétise une idée : de la page blanche et du processus de création émergent des bâtiments bien réels, qui seront là pour plusieurs générations. On les découvre, on les côtoie, puis on y entre, on les habite; on y voit des gens heureux d’y vivre. »
Elle donne en exemple le Complexe des sciences de l’UdeM (campus MIL), projet qui s’est étendu sur plusieurs années : « Quand j’y suis entrée pour la 1re fois sans mes bottes de construction, c’était comme si les étudiants et les professeurs avaient toujours été là. Ils s’étaient déjà approprié l’immeuble, tout le monde était souriant. Là, je me suis dit : c’est la raison pour laquelle je suis architecte. »
Non, ce n’est pas toujours facile, mais cette fin pour elle justifie grandement les moyens : « On fait ce métier pour améliorer l’environnement des gens et leur donner des espaces de vie dans lesquels ils vont pouvoir se développer. L’architecture de qualité se doit d’être durable, écologique, techniquement performante, respectueuse de son environnement, esthétique et pérenne. À chaque projet, on plonge dans un milieu humain et technique différent, c’est toujours une découverte! »
L’architecture demande donc de toujours apprendre, c’est pourquoi elle s’implique aussi grandement dans le mentorat auprès de la relève. Et elle remarque que de plus en plus de jeunes femmes embrassent désormais cette profession. Pourtant, même dans ses débuts, alors qu’elle était souvent la seule femme dans les réunions, elle ne réalisait pas le fait qu’elle œuvrait davantage dans un monde masculin :
« J’étais tellement passionnée par mon métier, mon objectif était d’apprendre et de réaliser des projets, donc je fonçais et je ne me posais pas vraiment cette question. Quand tu fais ton travail et que tu es compétent, que tu sois un homme ou une femme, ça ne change rien. Le plus important, c’est de choisir une profession pour laquelle tu seras passionné. »
Et cette passion ne tarit toujours pas pour la Fellow de l’Institut royal d’architecture du Canada, qui entrevoit de manière optimiste l’avenir de son domaine : « On parle de plus en plus de l’importance de la qualité de nos milieux de vie, de son impact sur la société, sur la santé physique et mentale des gens. Plus ce sera mis en valeur et compris, plus on va améliorer nos villes, nos environnements… et notre société. »


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