
UdeM philanthropie et diplômés
Accueil » Actualités » Céline Leheurteux : guidée par ses valeurs
Grâce à Céline Leheurteux (médecine vétérinaire 1999), des milliers d’animaux de compagnie reposent dans la dignité et, du même coup, des milliers de familles et d’équipes vétérinaires peuvent mieux vivre la difficile épreuve de la perte d’un animal de compagnie ou de l’euthanasie vétérinaire. Guidée par ses valeurs, la vétérinaire, PDG et fondatrice de Solutions Vetceterra, qui produit la housse mortuaire Euthabag, poursuit quotidiennement sa quête d’améliorer l’expérience de l’euthanasie des animaux de compagnie pour tous ceux impliqués; l’animal, sa famille et l’équipe vétérinaire.
Celle qui évolue en pratique des petits animaux depuis 1999 prend à cœur l’aspect psychologique de son milieu, tant pour optimiser le bien être des praticiennes et praticiens que leur relation avec la clientèle. Pendant ses études à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal (UdeM) – qu’elle considère comme la plus belle période de sa vie –, elle a su développer des liens solides avec ses collègues : « J’ai eu la chance d’y côtoyer des gens avec un intellect, une créativité et une bonté incroyables, que je garderai toujours dans mon cœur et dans mon esprit. Nous avons grandi ensemble et il s’est opéré une espèce de fusion nucléaire ou comme une greffe qui a pris! »
Elle commence sa carrière en Montérégie. Au bout de 15 ans de pratique, le goût de créer quelque chose dont tout le monde ou presque aurait besoin l’interpelle : « Je n’avais pas la capacité d’inventer une technique chirurgicale ou un antibiotique, mais j’aspirais à aider mes collègues et à parler à un plus grand auditoire que ma clientèle. » Cela devient son fil conducteur.
Il faut dire que l’entrepreneuriat a toujours été très valorisé dans sa famille : « On me fit l’éloge de l’entreprenariat comme un moyen de se réaliser tout en améliorant le monde, précise-t-elle en riant. À 12 ans, je vendais de la crème glacée; j’allais l’acheter chez Agropur, puis je déterminais le prix selon la valeur perçue. »
Après une Xe euthanasie où elle doit placer son patient, un animal de compagnie adoré, dans un sac en plastique parce qu’il n’y a pas d’autre choix, elle se sent à un point de rupture avec ses valeurs profondes de professionnalisme et de respect : « La frustration, c’est la mère de l’invention. Je ne pouvais plus déposer un animal qui, parfois pour une personne, est la chose la plus précieuse dans sa vie, dans un sac poubelle conçu pour y mettre quelque chose qu’on ne veut plus jamais revoir, la symbolique était trop forte! »
Elle se met à la recherche d’un contenant plus digne pour ces bêtes adorées et n’en trouve pas. Eurêka, elle a repéré son concept entrepreneurial, d’autant plus collé à ses valeurs! On connaît maintenant la suite : aujourd’hui, près de 3 millions de housses vendues dans plus de 30 pays, et l’expansion se poursuit. Mais tout ne s’est pas fait sans heurts. C’est comme démarrer une famille, on ne sait pas vraiment dans quoi on s’embarque. Si on le savait, on ne le ferait peut-être pas!
Elle fonde sa famille et son entreprise en même temps, tout en poursuivant sa pratique, veillant aussi à ce que son produit soit écologique. Après plusieurs tests et l’approbation du 1er prototype, la commande de 10 000 unités est enclenchée, avec toutes ses économies : « Peu de temps après le lancement, un ami vétérinaire se sert d’une housse, puis ça déchire! Le fournisseur avait décidé de prendre un tissu avec un poids plus léger… C’est insupportable de vivre cela, mais on finit par guérir et se dire qu’il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne rencontrent pas d’embûches. En écoutant justement des histoires d’entrepreneures et d’entrepreneurs qui ont traversé de tels échecs, ça rassure en quelque sorte. »
D’ailleurs, toutes les autres productions passent de main de maître l’épreuve de qualité recherchée. Même si le succès est de la partie, elle avoue qu’elle aspirait à plus d’engouement : « Je pensais que ça irait plus vite parce qu’avec un million d’animaux qui décèdent par année juste au Canada et l’importance de la dignité pour une majorité de personnes, pour moi, il y avait une évidence. Mais la mort, c’est encore tabou. Et les processus décisionnels des vétérinaires sont complexes. »
Elle souhaite apaiser cette épreuve et transformer la tristesse en quelque chose de beau : « La seule chose certaine dans la vie, c’est que nous allons mourir, alors parlons-en! C’est normal d’avoir besoin de faire un rituel lorsqu’on perd un être cher. Il y a des passages obligatoires dans le deuil. Il vaut mieux aborder la mort calmement, quand on n’est pas pris dans les émotions, et célébrer la beauté et la profondeur du lien avec nos animaux! »
Apprivoiser la mort permet de surcroît de faciliter le travail des vétérinaires face à cette étape qui les touche fortement et dont les enjeux de santé mentale ne sont malheureusement pas un mythe. La lauréate de nombreuses distinctions, dont le prix Entrepreneure d’impact 2022, Entreprise s’étant la plus illustrée à l’international 2023 du Réseau des femmes d’affaires du Québec et le prestigieux prix Mercuriades Développement des marchés 2024, veille aussi à sensibiliser ses collègues sur le concept de fatigue compassionnelle, en plus de penser aux 2 prochains chapitres de sa carrière.
« Ce qui m’interpelle pour avoir une incidence à plus large échelle, c’est vraiment de – je fais toujours la blague – make veterinary great again!J’aimerais redorer l’image de notre profession qui est malmenée dans l’opinion publique par son aspect financier complexe et inévitable, car c’est la plus belle du monde, avec des possibilités infinies. On peut soigner de petits ou grands animaux, réaliser de la recherche fondamentale ou appliquée, enseigner, même travailler à l’ONU! »
Le 2e chapitre qu’elle souhaite développer : miser sur la collaboration entre médecine humaine et vétérinaire : « Ayant des patients qui ne parlent pas et qu’on doit traiter avec des limitations financières extrêmes, on a beaucoup à apporter aux autres médecins, et vice versa. Pour enrichir nos pratiques, pourquoi ne pas faire des congrès en commun? Il y a notamment la Dre Barbara Natterson-Horowitz, cardiologue réputée, qui tente justement de redéfinir les frontières entre les 2 types de médecine. Au fond, on pourrait commencer ici, à l’UdeM! »
Pour en savoir plus : « La face cachée des vétérinaires » (vidéo), conférence de la Dre Céline Leheurteux, TEDxUMontréal, mai 2021.


Les témoins (aussi appelés « cookies ») sont de petits fichiers textes qui sont téléchargés lorsque vous consultez certaines pages d’un site et qui sont enregistrés dans la mémoire de l’appareil que vous utilisez. Ils permettent d’enregistrer certaines informations (type de navigateur, langue, pays, adresse IP, identifiant, etc.) afin d’être récupérées par le serveur lors de visites subséquentes. Ils sont utilisés pour mettre à jour et optimiser nos plateformes en fonction de l’utilisation que vous en faites et de vos besoins.
L’UdeM collecte des données sur les plateformes, afin d’analyser leur utilisation et d’améliorer l’expérience des visiteurs.
L’UdeM utilise également les services de Google Analytics, afin d'analyser le trafic Web et de recueillir des données de navigation à des fins statistiques et d’amélioration des Plateformes.
Parce que nous respectons votre droit à la vie privée, nous vous donnons la possibilité de ne pas autoriser certains types de témoins. Cliquez sur les différentes catégories pour obtenir plus de détails sur chacune d’entre elles et modifier les paramètres par défaut. Toutefois, si vous désactivez certains types de témoins, votre expérience de navigation et les services que nous sommes en mesure de vous offrir peuvent être impactés.