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Accueil » Actualités » François Schubert : pionnier de la pharmacie hospitalière
François Schubert (pharmacie 1975, 1976 et 1994, ESPUM 1979) est devenu à 27 ans le plus jeune pharmacien-chef d’un CHU au Canada. Précurseur et visionnaire, il a consacré sa vie au développement de son domaine. Son engagement reconnu a révolutionné le milieu hospitalier québécois.
Après la Seconde Guerre mondiale, ses parents ont immigré de Pologne et de Yougoslavie. Son nom évoque bien sûr un célèbre compositeur. François Schubert est d’ailleurs un descendant éloigné de Franz, dont il a hérité du prénom. Son parcours est atypique et inspirant, à l’image de son histoire familiale.
Après l’obtention de son diplôme collégial en sciences de la santé, il s’est tout naturellement tourné vers des études en santé et en pharmacie. Multiple diplômé de l’Université de Montréal, M. Schubert est devenu pharmacien résident à l’Hôpital Royal Victoria de Montréal en 1975.
À l’époque, le poste de pharmacien clinicien est créé spécialement pour lui, avec pour missions principales d’analyser et de développer les services cliniques de l’hôpital. « C’est plus facile de faire changer l’opinion du médecin tant que l’encre n’est pas sèche sur une ordonnance », précise-t-il. Son projet central était d’établir les pharmacies et les pharmaciennes et pharmaciens directement dans les unités de soins.
La pharmacie hospitalière en était encore à ses balbutiements, et M. Schubert comptait bien la révolutionner. « À l’époque, dans la plupart des hôpitaux, la pharmacie était au sous-sol et éloignée des différentes unités de soins. Il fallait rapprocher les médicaments et les pharmacien(nes) des patient(e)s », raconte-t-il. Cette conception novatrice d’installer des pharmacies satellites et des pharmaciens « spécialisés » dans les unités de soins, c’est lui qui l’a instaurée au Canada, au début des années 1980.
La pugnacité et l’envie d’être le meilleur dans son domaine ont toujours été les leitmotivs de M. Schubert. Durant ses années à l’Hôpital Royal Victoria, à titre de pharmacien-chef, de 1977 à 1989, il s’est inspiré du système déjà en place chez nos voisins américains en implantant la pharmacie en notamment en oncologie, puis dans d’autres secteurs tels les soins intensifs, cardiologie, néphrologie, néonatalogie, etc. Par cette approche, il a formé plus de 12 pharmaciens(nes) « à la méthode Schubert » qui ont implanté ces services par la suite dans d’autres CH au Québec. Marie Pineau, épouse de M. Schubert est devenue en 1985 la plus jeune pharmacienne-cheffe dans un CHU (Hôpital Général de Montréal).
Après 1989, M. Schubert s’est dirigé vers l’industrie pharmaceutique au Canada et à l’international où il a participé au développement et l’expansion de la pharmacoéconomie. Au début des années 2000, une troisième carrière s’est ouverte à lui en recherche, à titre de DG administration de l’Institut de Recherche du CUSM et innovations pharmaceutiques, avec toujours le même succès. Ses différents postes à responsabilité, notamment celui de président de de l’APES, de l’Association des pharmaciens du Canada et vice-président de la FIP et membre de l’Ordre du Canada, ne lui ont pas fait oublier son alma mater. La création du fonds Pineau-Schubert au sein de l’Université de Montréal en témoigne.
« Mon épouse et moi-même étions très impliqués dans notre profession, souligne-t-il avec émotion. Nous nous étions promis de faire un legs à l’Université, ce que j’ai effectué lors de son décès prématuré. » Il finance un prix de 5 000 $ à partir d’un don capitalisé remis chaque année par la faculté à des finissantes et finissants ayant implanté un projet novateur en pharmacie. M. Schubert démontre ainsi une fois de plus sa volonté de propulser ce domaine qui lui doit déjà beaucoup.


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